Appel au silence pour toutes les Francesca de France

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Le décès de deux bébés de quelques semaines à peine en cette période de changement des années a suscité des sentiments variés, notamment du fait qu’elles vivaient dans des situations très précaires.

Le maire de Champlan aurait refusé l’enterrement de la petite Maria Francesca sur la commune, qui selon les propos rapportés par les médias, réservait le cimetière à ceux qui payaient des impôts, par manque de place. Après le tollé que cela a suscité, le maire chevalier de la Légion d’Honneur, Christian Leclerc a démenti tout refus et prétend un « amalgame des informations ».

A la gare de Lille –Flandres, c’était une autre petite Francesca, elle aussi âgée de quelques semaines, qui a trouvé la mort. L’association AREAS avait signalé la situation vulnérable de cette famille aux fins d’un hébergement d’urgence, mais là encore, il n’y avait pas de place. Après le décès de son enfant, la famille a été hébergée. Un hébergement d’urgence très cher payé.

Les réactions sur le « bébé rom » de Champlan fusent dans les médias. Or, très peu de politiques méritent de s’exprimer sur le sujet, et par une pudeur très louable ils ne le font pas. Car si rien ne justifie le refus d’héberger une famille en détresse ou d’enterrer une victime de la politique du gouvernement vis-à-vis de ce qu’il appelle « le problème des populations roms », tout est là pour expliquer comment on en est arrivé à ce point.

La déshumanisation des Rroms est l’œuvre commune de la totalité des partis politiques français, du PCF au Front National. Le maire de Saint-Denis, celui de Stains, celui de Bobigny, pourraient-ils honnêtement condamner l’éventuel refus d’enterrer un bébé « rom » alors qu’ils ont jeté et jettent à la rue des dizaines de bébés et leurs familles ? Ceci en défiant même des décisions de justice qui leur accordent un délai pour la mise en place de mesures d’accompagnement social ? Non, et ils ne l’ont pas fait.

M. Valls, le premier de nos ministres, a-t-il le culot de s’exprimer sur twitter « Refuser la sépulture à un enfant en raison de son origine : une injure à sa mémoire, une injure à ce qu’est la France. » Quelle France, cette fois-ci monsieur Valls ? Ce ne serait plus celle dont les modes de vie diffèrent extrêmement avec ceux de « ces populations » et qui par conséquent, selon vous-mêmes « sont évidemment en confrontation » ? Ce ne serait plus celle où, selon vous, alors que vous étiez ministre de l’Intérieur, « il est illusoire de penser que l’on règlera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion » ?

Ça sent fortement le pourri dans le royaume de France, d’en haut en bas. Ces deux bébés y sont nées et y sont mortes avant de pouvoir s’en rendre compte. Pour le repos de leurs âmes et pour le respect de leurs familles, politiciens et consorts de tous bords et tous milieux, abstenez-vous de tout commentaire !

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