Que cherchent Valls et Cazeneuve à Bucarest?

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.
Entrez votre adresse email :

Un jour avant de s’envoler pour Bucarest avec le ministre délégué aux affaires européennes, M. Valls enfonce le clou et s’enfonce dans le mensonge et la diffamation. Pour lui, les Rroms roumains qui se trouvent en France seraient pourchassés de leur pays et discriminés. Discriminés, oui, parfois. Pourchassés, non. D’ailleurs, moins de 15.000 seulement parmi les 2,5 millions de Rroms que compte la Roumanie se trouvent en France dans une situation précaire, montée de toutes pièces par la loi française qui leur interdit dans les faits de travailler.

Si la France ne veut pas accueillir plus de « damnés de la Terre », que n’intervient-elle pas en Hongrie pour essayer de stopper la violence raciste contre les Rroms ? C’est là que des miliciens en uniforme défilent pour provoquer et intimider les Rroms, c’est là qu’ils mettent le feu à leurs maisons et même en tuent avec des armes à feu.

D’après nos informations, le gouvernement roumain avait souhaité inscrire à l’ordre du jour des discussions la francophonie, mais cela a été refusé par Paris. Le gouvernement français semble intéressé uniquement par la question de 15 000 Roumains, pour certains Rroms, exilés en France. On y aurait presque cru, si on était un peu plus bêtes.

Quel est le véritable objet de cette visite? En 2010, Eric Besson et Pierre Lellouche, les ministres d’alors avec les attributions des ministres d’aujourd’hui, se rendaient eux aussi à Bucarest tambours battants pour discuter de la «question rrom». L’agenda caché était alors la vente de centrales nucléaires. L’échec de cette vente projetée a suscité l’ire de la France et son refus persistant à l’entrée de la Roumanie dans l’espace Schengen. «On a le droit de faire des affaires», disait M. Jacques Myard lors d’un débat télévisé au président de La voix des Rroms qui évoquait cet agenda caché sous le prétexte de l’«invasion rrom».

Incontestablement, la France a le droit de faire des affaires. Toutefois, ce droit n’autorise ni le dénigrement injuste de pays souverains, ni l’utilisation d’un peuple comme balle de tennis. La voix des Rroms dénonce énergiquement l’instrumentalisation des Rroms et invite le gouvernement roumain à faire preuve de dignité face à ces manœuvres honteuses. Un pays qui met à l’écart ses Rroms depuis 6 siècles et qui leur applique un régime discriminatoire en tant que «gens du voyage» devrait être plus humble que ça.

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »