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Après les polémiques suscitées par les expulsions de Rroms, le gouvernement semble s’engager sur d’autres voies. Il est vrai que ces expulsions, qu’il s’agisse des « campements illicites » ou des renvois en Roumanie, sont inefficaces. Ôter un bidonville de la vue des employés de la BNP à Paris pour qu’il aille ailleurs que sous leurs fenêtres, ne sert à rien. Les voyageurs du vol Lyon – Bucarest feront le chemin inverse bientôt, comme toujours. En attendant, trop d’argent public a du être dépensé pour ces mesures répressives qui ne font que fragiliser un peu plus la situation des expulsés. Nombre d’acteurs ont déjà dénoncé l’absurdité de cette politique et il est inutile de trop s’y attarder. Reste cependant la question : quelles pistes seront suivies par le gouvernement ? Certains plaident en faveur des « villages d’insertion ». C’est précisément l’écueil à éviter ! Car on peut être de gauche sans tomber dans un assistanat aveugle qui cache mal le contrôle social qu’incarne ce genre de dispositif.

L’échec des « villages d’insertion » n’est pas du uniquement au fait que les Rroms « pris en charge » n’ont pas le droit de travailler. Il est du aussi, et surtout, à la manière dont ils ont été « pris en charge ». La surveillance et le gardiennage de ces lieux représentent 75% du budget de fonctionnement, contre seulement 36,9 % dans les prisons ! L’accès est interdit à toute personne extérieure, y compris à la famille proche des habitants, sauf autorisation expresse. Les gestionnaires se félicitent de la scolarisation des enfants, alors dans les « campements illicites », les enfants vont aussi à l’école à chaque fois que les mairies ne s’y opposent pas. Des années après, les « pris en charge » attendent toujours de pouvoir en sortir et mener une vie autonome, sans pouvoir le faire. A Bagnolet, la fin de financement pour les gestionnaires a signifié la fin de l’hébergement et la reprise de l’errance pour un certain nombre de Rroms après un « accompagnement » de trois ans. Pendant cet « accompagnement » deux Rroms ont du abandonner les études universitaires qu’ils avaient entamées, l’association gestionnaire estimant qu’ils n’en avaient pas le droit! Ainsi donc, si les restrictions à l’accès au travail, décidées et maintenues par la France contre l’avis de l’Union européenne ont été un frein, il n’était certainement pas le seul. Pire, les mandataires chargés de ces villages ne s’en sont jamais plaints et commencent tout juste à suggérer leur levée, comme M. Hollande l’avait promis. Une tentative de justification de l’échec pour s’assurer de nouveaux financements ?

Le gouvernement a un défi à relever : saura-t-il sortir des sentiers battus qui coûtent trop cher et ne mènent nulle part, pour explorer des voies nouvelles, moins coûteuses et plus prometteuses? Habitués à défricher, nous sommes prêts à l’accompagner. Les quelques 15000 Rroms roumains et bulgares en situation de précarité ont un potentiel qui a été trop longtemps négligé, comme le prouvent les deux dernières lauréates du prix « meilleur apprenti de France ». Dans un autre registre, un projet alternatif de relogement en auto-construction est en cours à Saint-Denis, associant la ville, des architectes, des associations et surtout les habitants rroms eux-mêmes. Considérer ces Rroms comme acteurs de leur intégration, en mettant à profit et en développant leurs compétences est à la fois un gage de réussite et une source d’économies. L’accès au droit commun et à la citoyenneté pour cette population relève de la justice et du bon sens. Nous sommes prêts à y contribuer si le gouvernement en exprime la volonté en nous invitant à la réunion de mercredi.


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