Que MM. Hollande et Ayrault parlent, au moins après Ciotti et Marine Le Pen

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La voix des Rroms demande à MM. Hollande et Ayrault de prendre une position claire sur la situation des quelques 10.000 Rroms roumains et bulgares en situation précaire en France. Il est en effet incompréhensible et inacceptable que l’Elysée et Matignon se taisent face aux déclarations et actions de M. Valls, surtout alors que sa politique est saluée par l’UMP.

Plusieurs jours après que M. Valls ait déclaré vouloir poursuivre les expulsions des campements de Rroms, poursuivant ainsi de facto la politique de Brice Hortefeux et de Claude Guéant, aucune réaction n’est venue de Matignon ou de l’Elysée. Le candidat Hollande s’était engagé à ouvrir le marché du travail aux ressortissants roumains et bulgares et à arrêter les expulsions sans solution de relogement. M. Valls va ouvertement à l’encontre de ces engagements sans qu’aucun socialiste ne daigne réagir pour mettre de l’ordre.

Dans ce silence assourdissant du PS, c’est M. Ciotti, secrétaire national de l’UMP à la sécurité, qui salue la « lucidité » de M. Valls. M. Ciotti, membre de la droite populaire, est connu entre autre pour avoir promu le projet de loi LOPPSI 2, lourdement charcuté par le Conseil constitutionnel pour les atteintes qu’il apportait à la liberté. Même Marine Le Pen n’est pas tout à fait mécontente de M. Valls. Qualifiant ces expulsions d’ «évidemment nécessaires », elle ne les juge cependant pas suffisantes, appelant de ses vœux une « maîtrise des frontières ».

Alors, on se demande, y a-t-il quelqu’un à la maison PS ? A la maison Elysée ? A la maison Matignon ? Ou bien M. Valls se trouve-t-il seul avec l’UMP pour le soutenir expressément ?

Selon un adage connu, en cas de divergences, « un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule ». Seulement, là il y a juste un ministre qui parle haut et fort et ses supérieurs qui se taisent… Dans ces conditions, est-ce que les supérieurs doivent démissionner ? Ou bien n’y a-t-il aucune raison à cela parce qu’ils sont eux aussi d’accord avec M. Valls et M. Ciotti ? Dans ce cas-là, le rapprochement UMP – FN deviendrait une idée caduque et c’est l’UMP et le PS qui devraient fusionner en ce que le FN appelle l’UMPS.

M. Valls veut, selon ses dires, de la « fermeté » et de la « concertation », deux mots clés qui ne sont pas sans rappeler la fameuse formule « fermeté et humanité » dont se gargarisaient ses prédécesseurs UMP à place Beauvau. La « concertation » consiste-t-elle à confier à des associations vendues à l’Etat l’hébergement d’urgence pendant 2-3 nuits de ceux qu’on expulse, pour qu’ensuite ils se retrouvent dans la rue ? Ou bien la gestion de « villages d’insertion » comme ceux que certains élus de gauche ont mis en place avec le soutien du gouvernement Fillon et qui sont de véritables centres de réclusion ?

Le changement, c’est donc perdu définitivement ?

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