N.S. pour Nicolas Sarkozy - ne pas lire national-socialisme

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Une affiche du Mouvement des Jeunes Socialistes de la Vienne, présentant le président de la République sur une tribune, bras droit tendu devant, a fait fureur, sans jeu de mots déplacé. On s’insurge de tous les côtés, et y compris au MJS, l’heure est aux explications apaisantes. Jonathan Debauve, responsable du pôle communication du MJS explique en effet que la campagne avait été lancée “il y a plusieurs mois” par la fédération de la Vienne, “dans le contexte du discours de Grenoble (de Nicolas Sarkozy) et des expulsions de Roms”, et que la direction du mouvement a demandé le retrait de cette affiche.

Sur le webzine d’opinion israélien JSS, Rémy Marceau écrit, entre autres :

« Comparer Sarkozy à Hitler c’est faire peu de cas du respect des morts de la Shoa (sic) pensée, planifiée et organisée par ce dernier, et à la communauté juive de France qui a voté majoritairement pour lui.

Il ne s’agit pas là de prendre une position politique pour ou contre le président français mais dire qu’il y a des limites à ne pas franchir. L’utilisation directe ou indirecte des termes rafles pour les roms, déportation pour les immigrants illégaux, la comparaison de responsables républicains à Hitler résonne comme une insulte au 6 millions de juifs assassinés par Hitler et ses sbires.»

Vrai, Hitler et ses sbires ont assassiné 6 millions de Juifs, comme il a assassiné aussi, sur les mêmes fondements idéologiques, 500.000 Rroms, oubliés une fois de plus dans cet article, comme les communistes, les résistants, les handicapés…

Il y a effectivement « des limites à ne pas franchir ». Parmi celles-ci, ne pas chercher à donner au mot « rafle » un sens limité à une période de l’histoire mais lui laisser son champ sémantique réel : un procédé policier d’arrestations massives.

On ne peut pas non plus comparer les expulsions massives et la désignation des Rroms à la vindicte populaire au génocide qui les a touchés, avec les Juifs, pendant la seconde guerre mondiale. Les temps ont changé, c’est un fait. La nature et la portée des changements sont, quant à eux, à analyser. C’est une autre limite à ne pas franchir : ne pas considérer le génocide et le national-socialisme comme un événement totalement exceptionnel et faisant définitivement partie du passé. Cela résonnerait comme une insulte à Bertolt Brecht, pour qui « le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

Comme les virus, la bête immonde doit muter pour survivre. Qu’on rejette d’emblée toute analyse comparative de processus historiques ou qu’on affirme péremptoirement que la politique française actuelle est du nazisme, cela relève de la même débilité intellectuelle, au sens premier du terme.

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